Jeune Cinéma a fêté ses 40 ans (1). Encore plus pauvre qu'à sa naissance, lancée par la Fédération des ciné-clubs Jean-Vigo, la revue reste rafraîchissante, cohérente et pertinente. Lucien Logette, son rédacteur en chef, en explique la publication comme une île en eaux territoriales Positif, aux antipodes du continent Cahiers du cinéma-Inrocks.
Comment est né Jeune Cinéma ?
En septembre 1964, à l'initiative de Jean Delmas, présidant la toute jeune Fédération Jean-Vigo, ex-Fédération des ciné-clubs de jeunes. On a oublié l'importance des ciné-clubs dans les années 50-60. Ils représentaient le seul accès aux films classiques ou étrangers de faible audience. La Fédération Jean-Vigo regroupait, en 1960, 300 ciné-clubs de lycées. Jeune Cinéma fut conçu comme une revue de liaison entre eux, offrant aux adhérents une fenêtre sur des films comme le Terroriste de Gianfranco De Bosio ou les Innocents d'Andrzej Wajda, présentés dans le n° 1.
Quelle couleur la Fédération Jean-Vigo a donné à cette revue ?
Jeune Cinéma n'était pas la seule de son espèce, chaque fédération avait sa vitrine : Cinéma (55, 56, 57 et la suite) pour la Fédération française des ciné-clubs, Image et son pour l'Ufoleis (Ligue de l'enseignement). JC n'avait pas les moyens de ses grandes soeurs, ses ambitions étaient plus modestes : pédagogiques d'abord, le lectorat visé étant celui des 13-18 ans ; et informatives. La volonté de Delmas était de ne pas réserver l'exercice critique à des «spécialistes», mais de l'ouvrir a




