Derrière un film de cinéma standard international, surgit la question centrale de l'identité israélienne : comment la seconde génération reste travaillée, presque malgré elle, par la mémoire de la Shoah. Plutôt bien réalisé, avec sa dose de sentimentalisme, son casting bétonné (notamment Lior Ashkenazi, l'acteur principal et étoile montante du cinéma israélien), un soupçon d'humour et son naturalisme soigné, Tu marcheras sur l'eau sent la copie de bon élève cinématographiquement correct. Mais sa vraie réussite consiste à incarner justement un état de l'opinion israélienne, à rendre concret, jusqu'au dilemme cornélien et sans trop de lourdeur, un débat historique qui agite en ce moment l'Etat hébreu.
Eyal (Lior Ashkenazi) est un agent du Mossad, un tueur fragilisé par le récent suicide de sa compagne. On le met sur une affaire a priori plus tranquille, sans terroriste ni assassinat à l'horizon : pister un ancien officier nazi, rouage dans l'extermination des juifs, qui, alors qu'on le croit mort depuis longtemps, se cacherait en Allemagne, protégé par une partie de sa famille. Or le petit-fils vient rendre visite à sa soeur, installée en Israël : pour remonter la piste du vieillard caché, Eyal est chargé de lui servir de guide touristique, sur fond d'attentats palestiniens.
Moitié touriste mondialisé, moitié traumatisé par le destin coupable de son pays, le jeune Allemand découvre Israël au côté de ce macho sioniste qui a perdu une partie de sa famille dans les camps. Chaque pe




