Melinda & Melinda s'ouvre évidemment sur une conversation animée dans un restaurant new-yorkais. Deux auteurs, l'un de comédie, l'autre de tragédie, discutent des mérites des deux genres. Ils imaginent à tour de rôle une version comique et une version tragique de l'histoire de Melinda, jolie trentenaire faisant irruption dans un dîner entre amis. Pour l'un, c'est une paumée, divorcée et mère indigne qui ne s'en sortira jamais. Pour l'autre, une séductrice qui réussira à voler l'amant de sa meilleure amie. Woody Allen se penche sur ses deux amours, comédie et tragédie, avec un savoir-faire de vieux briscard mais une audace narrative juvénile, entremêlant les deux genres et les deux tons à loisir. C'est un peu léger quand même. On attend désormais de Woody Allen qu'il tourne à nouveau un drame 100 % noir.
Ce film est-il un pur exercice de style ?
Ma vie est une tragédie, mon talent naturel va vers la comédie: c'est ma schizophrénie. Personnellement, je préfère le drame. Au cinéma, Bergman; au théâtre, O'Neill. La confrontation offerte par le drame me stimule, mais je connais beaucoup d'amis qui trouvent le tragique si douloureux qu'ils ont besoin d'en rire, de tourner le drame en dérision. Sinon, ils se tireraient une balle dans la tête. Il existe donc deux façons de digérer la tragédie quotidienne de l'existence: l'affronter ou la contourner. Mais, entre nous, il n'y a aucune différence : la vie est une tragédie pour tous.
Melinda & Melinda est une tentative de conciliation ?
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