Valeria Bruni-Tedeschi, 40 ans, réputée pour ses compositions tragiques et ses personnages de névrosées inhibées, se lâche dans Crustacés et Coquillages... avec plaisir et entrain. Tout en gardant son grain de folie. Explications enjouées mais sérieuses.
C'est votre rôle le plus mûr, avec des enfants de 17 et 19 ans, mais vous dites à un moment vous «sentir comme une adolescente».
Je me sens jeune d'avoir des enfants si grands ! J'ai joué dans des films, il y a dix ans, où je me sentais plus vieille. Je sais que Jacques et Olivier ont hésité, mais je me suis senti immédiatement juvénile. De toute façon, le personnage de Beatrix, avec son énergie vitale, se sentira jeune toute sa vie. Désormais, je peux assumer un rôle de maturité. 5 x 2 de François Ozon a été important : je m'y suis autorisée d'être une femme avec une histoire en fin de cycle, un amour qui s'achève. Avec Crustacés et Coquillages, j'ai arrêté définitivement de me culpabiliser et ce fut jouissif : le policier qui est en moi, le gardien des moeurs, je l'ai mis à la porte. Comme si, pendant la préparation puis le tournage, il attendait dehors.
Vous y aimez comme une ado...
Retrouver ce sentiment de maladie d'amour, redécouvrir la première fois, quand ça fait mal au ventre mais que c'est si fort, être exactement ce qu'on a été à 15 ans alors qu'on en a vingt-cinq de plus : tout cela faisait partie du jeu sur ce film. Le temps peut se retourner comme un gant, quand les parents se sentent les enfants de leurs enfants,




