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Libération
Critique

Nakata bon pour un second tour

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Malgré les impératifs hollywoodiens, le cinéaste japonais livre un «Ring 2» réussi.

Publié le 30/03/2005 à 1h15

On peut y voir une nouvelle preuve de l'impérialisme américain en matière de cinéma. Ring (1998), le subtil film d'horreur du Japonais Hideo Nakata n'est jamais sorti aux Etats-Unis ; Dreamworks a préféré produire directement son remake avec l'impersonnel Gore Verbinski à la caméra. Résultat : le Cercle-The Ring a cartonné, entraînant la mise en chantier d'une suite... Autrement dit, d'un remake du Ring 2 nippon, tout aussi inédit dans les salles américaines ! Mais avec un changement appréciable : c'est Hideo Nakata lui-même qui réalise le remake de son propre film.

L'un des intérêts de le Cercle-The Ring 2 est ainsi d'étudier comment un cinéaste «exotique» parvient à sauvegarder (ou non) sa vision d'auteur dans une grosse production soumise au marketing hollywoodien. Parmi les compromis auxquels Nakata a dû se résoudre (Libération du 21 mars), il faut regretter la musique envahissante de Hans Zimmer, une scène d'attaque de cerfs en images de synthèse (dont la seule utilité consiste à reproduire à la puissance 10 la séquence du cheval fou dans le premier Cercle), et un scénario par trop explicatif quand les films japonais préféraient l'ellipse et le mystère.

Eau maléfique. La bonne surprise est de découvrir que Nakata livre un film très proche de son émouvant Dark Water. Il y a toujours de la peur, mais aussi du mélo, toujours l'obsession du réalisateur pour l'eau maléfique mais aussi ses thèmes fétiches : solitude et sacrifice maternel. L'histoire de la cassette vidéo tueuse

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