Menu
Libération
Critique

Mieux vaut To que jamais

Réservé aux abonnés

Nouveau film de gang cérébral du styliste hongkongais.

Publié le 20/04/2005 à 1h51

De Johnnie To, on sait qu'il est, quand il veut bien s'en donner la peine, le dernier descendant potable d'une certaine idée du cinéma de Hongkong, là où s'accouplent cinéma de genre et préciosités décadentes à la Melville. Ni trop tôt, mais quand même un poil trop tard, son nom a mis du temps à s'imposer sur le devant de la scène : The Mission, son premier film en costard distribué en France dans des conditions normales, remonte à cinq ans, soit peu ou prou au moment où la mode HK commençait à s'empâter. Aujourd'hui, la découverte elliptique, et pas mal à la traîne, de ses films (depuis Breaking News, montré à Cannes l'an passé, il en a réalisé... quatre !) commence à porter ses fruits. Par accumulation, on devine ce que son cinéma peut produire dans le genre baroque.

Béances. Et se découvre chez lui un type terminal du film d'action qu'un peu de matière grise n'effraie pas : défouraillages ténébreux, personnages sexy surpris en pleine mission impassible, déterminés à emporter avec eux quelque chose de blessé qui les distingue de la mécanique du genre. Les maniéristes apprécieront l'élégance de ses plans séquences ébahis de leurs propres virtuosités. Celui (il doit bien durer neuf minutes) qui ouvre ce Breaking News s'offre d'emblée comme un cas d'école : gravissant les étages, passant de la fenêtre à la rue, cherchant parfois sa place dans la stratégie qui préside à tout affrontement armé, jeu du chat et de la souris lancés en pleine course au lièvre médiatique, ce ballet-c

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique