Sur la terrasse de Libé, il tourne le dos au soleil. Il sort d'un tournage comme on revient d'un long voyage. Difficile de toucher terre, le hors champ du film achevé. «A chaque fois, c'est comme une dépression, au sens météorologique du terme. Il me faut réapprendre à vivre dans la ville, avec les autres.»
Stéphane Fontaine, chef opérateur, émerge à peine du tournage du dernier film de Nicole Garcia, «autour de la réparation, de la révélation». «Tout ce qui m'intéresse. Le film d'Audiard, De battre mon coeur s'est arrêté, aussi était de ceux-là. Je me sens à l'aise dans ce genre de cinéma.» Ce jeune homme au regard timide est le chef opérateur qui interprète magistralement, avec sa caméra à l'épaule, la toccata éperdue de Tom/Romain Duris dans De battre... Ce film de Jacques Audiard, sorti en mars, était son cinquième long métrage comme chef op.
En 1999, il a mis fin à douze ans d'assistanat, et s'est lancé dans le premier film d'Eliane de la Tour, Bronx Barbès. Déjà caméra à l'épaule. «Cela avait l'air simple, énergique, d'être au poste que j'occupais.» Il enchaîne avec quelques sacrés défis, la Vie nouvelle de Philippe Grandrieux, En jouant dans la compagnie des hommes d'Arnaud Desplechin, puis poursuit avec Comme une image d'Agnès Jaoui, et De battre...
Solitude. Dévoreur de livres, Stéphane Fontaine est arrivé au cinéma par la photo. Une «pratique solitaire» qu'il retrouve dans le métier d'assistant-opérateur, avoue-t-il, et qu'il a apprise à l'école Louis-Lumière de Paris




