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Libération
Interview

«Un jeune cinéma bien malade»

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CANNES 2005. Otar Iosseliani, parrain de la Semaine de la critique pour «créer des ponts» avec la jeune génération :

Publié le 11/05/2005 à 2h08

A 71 ans, Otar Iosseliani est cette année le parrain de la Semaine de la critique, la plus ancienne des sélections parallèles cannoises, fondée en 1962 par Georges Sadoul. Pour le cinéaste géorgien, installé en France depuis vingt ans, c’est à la fois un service rendu et un manifeste. C’est cette même Semaine qui, en 1968, révéla son premier long métrage, la Chute des feuilles, remontré restauré avant ressortie en salles. Quant au manifeste, il est simple et direct : défense et illustration du jeune cinéma, plus poétique, désinvolte et bizarre qu’attendu et prémâché. Iosseliani, avant de tourner cet été les Jardins en automne à Paris, cherche toujours, de-ci de-là, ces «herbes folles qui poussent entre le béton».

«Mon pari, en acceptant ce parrainage, est de dire que le jeune cinéma existe toujours. Mais ce n'est pas gagné d'avance : il y a trop de premiers ou de deuxièmes films réalisés par des cinéastes qu'on dirait âgés de 70 ans ! Moi-même, je n'oserais pas faire des films comme ça, ronronnant dans les sentiers battus, des films de fonctionnaires du cinéma.»

Les poignards. «La situation du cinéma en France n'est pas bonne. On est bloqué de partout. Je sens ça pour ma peau, mais c'est à peu près la même chose pour les collègues qui veulent faire un cinéma qui leur ressemble. Mais personne n'est franc, ne me dit : "M. Iosseliani, vous êtes un vieux machin qui nous a assez emmerdés, arrêtez le cinéma..." Ce n'est que sourires mielleux, excuses et promesses. Arte, qui a refusé

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