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L'usine Agat

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Chez Agat Films, pas de producteur omniscient : tout se décide collégialement. Reportage dans cette maison unique en son genre, qui de Guédiguian à Trividic, de Gitai à Belvaux, milite pour le cinéma d'auteur.

Publié le 25/05/2005 à 2h19

On se croirait dans un préau d'école. Des dizaines d'enfants piaillant devant le bureau d'accueil, entre le standard assourdi et les assistantes qui se marrent en passant dans la mêlée. Seules deux grandes affiches sur le mur du fond rappellent qu'il s'agit ici d'un lieu voué au cinéma. Crustacés et coquillages faisant le pendant au Promeneur du Champ-de-Mars pour signaler que l'on se trouve bien dans le hall d'entrée d'Agat & Cie-Ex Nihilo. Une ruche de trois étages lovée au fond d'une cour de la rue Jean-Pierre-Timbaud, Paris XIe. Aujourd'hui c'est donc «casting enfants» au rez-de-chaussée. Au-dessus, s'enchaînent les bureaux des six producteurs et assistants maison. Une équipe prépare le nouveau film de Laurent Achard, une autre celui de Lucas Belvaux. C'est l'usine Agat, petite entreprise unique dans le monde du cinéma. Chaque semaine, toutes les décisions à prendre sont discutées à égalité par les six producteurs. Pas seulement un collectif de production, quasiment «une production collectiviste».

La collégialité pour principe

A 18 h 30, les enfants envolés, Agat connaît une autre animation. Les producteurs battent le rappel. «C'est mercredi, jour de la grand-messe.» En d'autre temps, on l'aurait peut-être appelée la «réunion du soviet». C'est le rituel d'Agat, sa marque de fabrique aussi. Tous les mercredis depuis douze ans que la société existe, les Agatiens se réunissent autour de la grande table derrière les baies vitrées, au sous-sol du bâtiment. Un rituel obligé pour

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