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Libération
Critique

Au diapason du muet.

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Les Cinéconcerts de Bordeaux associent films et sons éclectiques.

Publié le 15/06/2005 à 2h36

Bordeaux, de notre correspondant

Jouer de la musique live sur un film muet, l'idée n'est pas neuve, remontant quasiment aux origines du cinéma. Mais, si elle est réapparue au cours des dernières années, le festival Cinéconcerts de Bordeaux est le seul en France à l'avoir systématisée. Chaque année, Alain Marty, le directeur du cinéma Jean-Vigo, part faire son marché à Bologne (Italie) où se déroule une manifestation du même type. Il en rapporte quelques perles qui, pour le cinquième printemps consécutif, ont été diffusées dans différents lieux de la ville du 12 mai au 10 juin.

Inédits. Cette année, Alain Marty a voulu «développer le pôle européen». Avant comme après le référendum, il n'a pas manqué de faire référence à une «culture commune», ainsi qu'à la nécessité de s'ouvrir aux productions étrangères.

Grande fierté de l'édition 2005, la Ville sans juifs, un film autrichien de 1925, fourni par la cinémathèque de Vienne, qui a ouvert le festival. Dans cette fiction inédite en France, Karl Breslauer imagine avant l'heure les lois fascistes qui seront votées treize ans plus tard en Autriche et la déportation des Juifs qui suivra. Un exemple saisissant de la lutte de certains intellectuels autrichiens contre l'antisémitisme au début des années 20. Autre événement, en clôture, la représentation de Frivolinas, opérette espagnole de 1926 livrée par la cinémathèque de Madrid, et montrée dans les conditions de l'époque, avec la même partition, le même nombre de musiciens et de danseur

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