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Locarno colle au corps.

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A mi-parcours du 58e festival, beaucoup de films avec la même obsession.

Publié le 10/08/2005 à 3h15

Locarno envoyé spécial

Il faudrait s'enlever de la tête l'idée qu'un festival ça sert à montrer des films. Les réalisateurs le savent bien, eux qui sont les premiers à se plaindre. Car un festival, c'est surtout une façon de parier sur l'accident, et de faire savoir que des garçons et des filles ont travaillé des mois dans leur coin à une chose qui leur tenait à coeur. Au matin de montrer leurs films, ils se retrouvent donc à partager la question avec d'autres, qui n'en mènent pas plus large. Est-ce à dire que les films d'une année disent tous la même chose ? Non. Mais qu'ils aient une seule chose à se dire, sûrement. A ce jeu-là, Locarno a inventé un zigzag à lui. Se croisent ici tellement de familles de cinémas, de nationalités, de supports (films, vidéos), que la probabilité d'une obsession commune s'en trouve renforcée.

Deuil impossible. Alors, la question du 58e cru, c'est quoi, dottore ? Constatons que les films se remettent à coller au corps. Comment un film porte son corps ? Comment les corps rentrent (dans le plan, dans un autre corps, en collusion, en fusion) ? Comment on évacue ce même corps quand il se met à encombrer ? Les films font le compte de cela. A commencer par A Perfect Day des Libanais Joana Hadjithomas et Khalil Joreige (compétition internationale). Malek, un mec de 25 balais, tente de faire le deuil impossible d'un père enlevé pendant la guerre, jamais resurgi. De plus, il est atteint du syndrome de l'apnée du sommeil, une narcolepsie qui freine son ryt

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