«Nous avons beaucoup d'orgueil, mais pas celui d'être Rembrandt dans les musées», entend-on sur la bande-son du générique de Sur le passage de quelques personnes... (1959). Et pourtant. Cet extrait de dialogue, enregistré à la troisième conférence de l'Internationale situationniste (IS) à Munich, résume bien le flip muséal qui nous parcourt devant le débarquement massif et sacré de l'«OEuvre complète». En quoi les films de Debord peuvent-ils bien nous regarder encore et toujours ? Comment revoir la Société du spectacle sérieusement (c'est-à-dire sans rire) alors que Karl Zéro a depuis longtemps baptisé de ce nom sa boîte de production télévisée récemment revendue au géant Endemol et réalisé a contrario son programme de détournements d'images ? Comment continuer à prendre encore, par exemple, pour argent comptant la sentence monocorde d'In girum... «Ce que nous avions compris, nous ne sommes pas allés le dire à la télévision» sachant que Canal + (via Alain De Greef et Brigitte Cornand) lui consacrait un large hommage avec son accord préalable en janvier 1995 (qu'il ne vit pas certes, puisqu'il se suicida deux mois plus tôt)? Bref, sur quel mode accueillir ses oeuvres au très fort pouvoir d'intimidation formelle et intellectuelle ?
Inaltérable mausolée. A coup sûr, le fan club atomisé se rendra aux projections en procession d'impers sombres (mais aussi en camouflé streetwear), fronçant les sourcils. Car, à la mort du «Prince pervers des ténèbres», un culte virulent, voi




