A l'origine, il avait tout pour devenir une rock star. La guitare, la voix, le talent et les relations nécessaires. «Au milieu des années 60, se souvient-il, je participais à A Smashing Day, une pièce produite à Londres par Brian Epstein. Un garçon qui devait mourir dans des circonstances tragiques, non sans s'être auparavant fait un nom dans le show-biz en tant que manager des Beatles. Je faisais office de narrateur, interprétant entre les scènes des chansons que j'avais moi-même composées, dans un esprit proche de celui de Bob Dylan. Un soir, Brian m'a présenté à John Lennon et à Ringo Starr, qui m'ont vivement encouragé à me lancer dans la musique. "Sinon, tu n'auras pas assez de toute ta vie pour le regretter", m'a même affirmé John Lennon. Après notre rencontre, leur compagnie phonographique m'a contacté afin de me proposer un contrat d'enregistrement. J'ai refusé, car cette démarche ne correspondait pas à la voie que je m'étais tracée.»
Krishna Banji. Sans le moindre regret donc, n'en déplaise à Lennon («Je ne me suis jamais considéré comme un musicien frustré, d'ailleurs j'écris de la poésie»), Ben Kingsley ne prendra pas parti dans le conflit du Mersey Beat qui oppose alors les Hollies de Manchester aux Fab Four de Liverpool, préférant poursuivre au théâtre sous la direction du metteur en scène Lindsay Anderson («des petits rôles pour commencer»), d'abord dans The Cherry Orchard, ensuite dans Macbeth. Une obstination payante. Un an plus tard, il sera invité à étoffer




