Bangkok de notre correspondant
Comme beaucoup de catastrophes à l'âge de la vidéo digitale, le tsunami qui a frappé les côtes de l'océan Indien le 26 décembre 2004 a ouvert la voie à un flot d'images prises par les témoins de l'événement. Cela a été particulièrement le cas dans le sud de la Thaïlande où des milliers de vacanciers ont vu la vague déferler caméra à la main. Ces films amateurs montrant le mur d'eau face aux flâneurs sur la plage ou des scènes de tentatives désespérées de sauvetage sont des témoignages saisissants. Mais comment inventer d'autres images à partir de cette tragédie ?
Une seule consigne. Quatorze jeunes cinéastes ont tenté l'expérience, grâce au soutien du ministère thaïlandais de la Culture. Les résultats, des courts métrages tournés en vidéo digitale d'une dizaine de minutes, ont été projetés devant une salle archicomble lors du troisième Festival mondial du film de Bangkok, qui s'est clos lundi. «La seule consigne a été de ne pas créer un second tsunami, de ne pas répéter le traumatisme. Sinon, les réalisateurs ont été totalement libres. Au final, il n'y a aucun film de mauvais goût», commente Kriengsak Victor Silakong, directeur du festival.
Le résultat est aussi hétérogène qu'intriguant. La plupart des films, tournés par onze Thaïlandais (es), une Française (Christelle Lheureux), une Malaisienne et un Suédois, sont foncièrement anticonventionnels et incitent à la réflexion. On y trouve des documentaires, des poèmes en images, une belle animation à




