Non, il ne s’agit pas d’un énième biopic de plus; ni d’une performance d’acteur supplémentaire, à la Ray, même si on est sûrement partis pour que l’oscar 2006 aille encore à un acteur jouant une célébrité en l’occurrence Philip Seymour Hoffman. Mais son Capote est aussi l’un des films les plus intéressants et réussis à sortir d’Hollywood cette année. La seule chose qui cloche, c’est son titre le fait qu’il ne puisse pas s’appeler De sang froid.
Sur l’écriture. Car non seulement on ne saisit Truman Capote qu’à trente-cinq ans, et uniquement sur la période de six ans durant laquelle le romancier besogne sur son opus magnus, mais le vrai sujet du film n’est ni lui ni le drame qui l’amène au Kansas, ni l’enquête ni le procès (comme l’était celui du film de Richard Brooks en 1967). Capote est peut-être le meilleur film jamais réalisé sur les épineux marchés qu’un journaliste ou un écrivain est parfois amené à passer avec d’autres, et surtout avec lui-même, pour obtenir une histoire. Et dans le cas de Truman Capote, même si l’expérience lui a aussi coûté beaucoup d’angoisse et des larmes pas nécessairement forcées, les marchés successifs qu’il a passés avec les différents protagonistes (flics, témoins, tueurs) ont été contractés in cold blood. Lorsqu’il voit qu’il va manquer de temps, il paie un nouvel avocat aux deux tueurs. Lorsqu’il constate qu’il a besoin d’avoir accès illimité à Dick Hickock et Perry Smith dans le couloir de la mort, il soudoie cyniquement un politi




