La première fois qu'il nous a été donné d'entendre le nom d'Olivier Zabat, c'était au festival de Belfort et un flot ininterrompu d'injures tombait sur lui. Les intervenants avaient le sang aux tempes et le soupçonnaient de tout, de ne pas être un cinéaste, d'être un artiste contemporain sans morale ni point de vue. Une documentariste glissait même entre la poire et le dessert que «si le documentaire aujourd'hui c'est ça, autant jeter l'éponge et faire autre chose». Ah ? Dans le festival où cette pénible bronca battait son plein, on vit également un jury menacer Zabat de dénonciation publique pour crime de lèse-documentaire, et des sélectionneurs, que l'affaire commençait à saouler, déclarer que si on ne les laissait pas montrer le travail d'Olivier Zabat en paix, ils pourraient à leur tour prendre la décision de jeter l'éponge décidément. Quelques mois plus loin, le même Olivier Zabat présentant le même film (Miguel et les mines) se retrouvait (c'était sous le soleil du FID marseillais, plus clément) reine du jour, couvert d'éloges. Fin du sabbat, et éclaircissement du côté critique : celui qui fit souffler un tel vent de panique du côté de la pensée documentaire, menacée de se trouver débordée sur sa gauche par la réflexion sur les enjeux contemporains, ne pourrait pas faire barrage longtemps au travail si particulier d'un garçon effectivement allergique aux classifications d'usage. Le premier scandale de Zabat, c'est de se revendiquer artiste, si toutefois le mot artist
Critique
«1/3 des yeux», incertains regards
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Publié le 09/11/2005 à 4h29
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