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Chez Sissako, même le FMI finit en fable.

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Echos du tournage, à Bamako, de «la Cour», son troisième long-métrage.

Publié le 04/01/2006 à 19h59

Bamako envoyée spéciale

Le bélier contre le FMI. C'est à Hamdalaye, quartier populaire de Bamako, dans la maison de son père disparu, qu'Abderrahmane Sissako, le plus important cinéaste africain actuel, tourne la Cour, fable politique et animalière. Le bélier s'apprête à foncer tête baissée sur l'homme en robe noire et lunettes fumées, Me Rappaport, avocat parisien absorbé par une conversation téléphonique avec son client du FMI. A la quatrième prise, le bélier a attaqué.

Du linge pendu, des tas de tissus amidonnés, un puits, des murs ocre, des arbres à l'ombre mouvante... Dans cet espace clos de 30 mètres par 40, qui dessert deux corps de bâtiments, vivent plusieurs générations, parents éloignés du cinéaste. Une vieille dame apparaît à une embrasure de porte, un jeune homme somnole sur une table, un enfant fait des siennes, pas vraiment interloqués par le capharnaüm du tournage, ces câbles et ces zones interdites dans le champ des quatre caméras. Et les ordres ramenant le silence auxquels se plient, comme au garde-à-vous, la quarantaine de personnes de l'équipe.

Abderrahmane Sissako, auteur de la Vie sur terre et En attendant le bonheur, tourne son troisième long métrage de fiction (1). La cour, c'est ce lieu familial, mais aussi le tribunal, chargé de juger la responsabilité des institutions internationales dans la faillite de l'Afrique. Contre une des maisons, des rangées de bancs font face à une table montée sur estrade. Partout des dossiers ficelés dans des chemises en car

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