«Les Pranksters passèrent une bonne partie de l'automne 1964, de l'hiver et le début du printemps 1965, à travailler... au Film. Ils avaient près de 45 heures de pellicule en couleur sur leur voyage en autobus. Le résultat se révéla monstrueux. (...) C'était le premier film sur l'acide jamais réalisé, tourné dans des conditions de parfaite spontanéité ; ils avaient tout enregistré au présent, sur l'instant. (...) Une bonne partie était totalement décentrée. Hagen, comme tout le monde, avait été dans les vaps la moitié du temps, et les cahots de l'autobus n'avaient rien arrangé mais c'était ça le voyage !... (...) Pourtant... On ne plongeait pas dans ces kilomètres de cahots, de ricochets, de délire, ciseaux en main, sans éprouver l'impression de pénétrer dans une jungle dont les ceps verdorés poussaient plus vite qu'on ne pouvait les couper.» (Tom Wolfe, Acid Test, p. 137.) En plus de se filmer raides comme pas deux, les Merry Pranksters, bergerie hippie expérimentale emmenée par le charismatique écrivain Ken Kesey (Vol au-dessus d'un nid de coucous) appréciaient d'enregistrer à plein volume les gargouillis que pouvaient faire leurs ventres une fois ingérée une quantité de LSD suffisante pour abrutir un troupeau d'éléphants.
Films buvards. Il n'est pas certain que l'acide au cinéma n'ait jamais donné autre chose que ça : des gargouillements immaîtrisés. Encore que la question ne soit pas là : si le cinéma sous chimie a acquis au fil du temps une valeur bienveillante de témo




