«Voilà le film des vrais bronzés !» a prévenu, hilare, Mouloud, lors de l'avant-première de Sheitan à Paris. Face aux vieux beaufs du Splendid, le premier long métrage de Kim Chapiron, du collectif Kourtrajmé, fait figure de film de génération, celle de «l'autre France», comme titrait Time Magazine lors des émeutes de novembre. Le scénario de Sheitan («diable» en arabe) est né dans l'esprit fantasque de Kim Chapiron, 25 ans, métis franco-vietnamien, et de son père, Christian (alias Kiki Picasso, graphiste punk du groupe Bazooka et concepteur multimédia). Mais les dialogues, les gags, la bande originale transpirent le patois et l'univers du jeune de banlieue. Sous l'oeil du collectif Kourtrajmé (134 personnes issues de l'école primaire qu'a fréquentée Kim Chapiron et de la cité des Bosquets à Montfermeil dont l'acteur Ladj Ly est déjà la vedette), ils sont décapants, politiquement incorrects, vicieux, beaufs eux aussi à leurs heures.
Première scène : Mouloud ambiance une soirée au Styyx. Barth, un lourdeau qui a dû tout rater, comate sur la banquette pendant que son pote tente de resquiller une bouteille de whisky. Commentaire : «Eh, téma, Barth, il y a de la chiennasse ce soir.» Le troisième larron, Ladj, enchaîne (drague, ndlr) la serveuse, une beurette, Yasmine. Sa pote, Eve, décolleté et regard aguicheur, devient l'objet du désir des deux autres : «Vas-y, fait croquer.» Rien de bien reluisant jusque-là.
Virés de la boîte, les trois lascars partent avec leurs conquêtes con




