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Libération
Critique

«Syriana», le vide de super

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Clooney barbu et bedonnant, seul atout d'un mic-mac pétrolifère.

Publié le 22/02/2006 à 20h25

On aime George Clooney comme tout un chacun. Il est aussi ce qu'il y a de mieux dans Syriana, film qu'il a coproduit et dont il est l'antivedette. Barbu, négligé et bedonnant, il est super en agent de la CIA vétéran du Moyen-Orient plus ou moins marginalisé. Ceci posé, Syriana est le genre de tisane dont l'«intelligence» vous rendrait presque nostalgique de Sidney Pollack ou Norman Jewison (ou même Oliver Stone à son plus agité), et confirme le côté frauduleux de Stephen Gaghan, dument oscarisé comme adaptateur de Traffic il y a deux ans. Dans le visuel comme dans l'esprit, Syriana suit le patron du film de Soderberg, et le patron tout court : on n'est pas là pour rigoler ni pour trop expliquer les choses, on est là pour vous donner the big picture. Cerner les grands problèmes. Et faire ça à toute berzingue, des fois qu'on remarquerait les trous béants et les ficelles de scénario grosses comme des câbles.

Pas pour rien que le film doit son titre (jamais mentionné dans l'histoire) à une simulation que les pétro-impérialistes américains envisageaient bien avant le 11 septembre 2001: Syriana, la région, serait la reconfiguration idéale du Moyen-Orient rêvée par les neo-cons et les pétro-Texans, le projet dément qui a amené les Etats-Unis dans la pétaudière de l'Irak. Les auteurs et producteurs du film vous font bien comprendre qu'ils ne vous prennent pas pour des crétins, que vous pouvez déduire des tas de choses auxquelles font allusion des tas de gens dans des tas d'endroits d

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