Dans le roman éponyme de Patrick McCabe dont est tiré le film de Neil Jordan (seconde collaboration avec l'auteur après Butcher Boy), Patrick «Kitten» Braden parle à son psy ou plutôt lui écrit l'histoire de sa vie. La narration du travesti-prostitué commence dans une rue de Londres où il/elle déambule en poussant un landau. Et les aventures de Kitten de se dérouler de manière picaresque, des épisodes titrés comme une succession de chapitres : de la naissance au présent.
Dans un bled d'Irlande, sur la frontière méridionale avec l'Ulster, un bébé est abandonné sur le pas de la porte du presbytère. L'orphelin est refourgué chez une grenouille de bénitier alcoolique et moustachue. Le jeune «Paddy», alias Kitten («chaton» en anglais, plutôt «minouche» au féminin), malgré les copains et les travaux de couture, s'ennuie et veut partir à la recherche de sa vraie mère, qui, dans son idée fantasmagorique, ressemble à la glamoureuse Mitzi Gaynor. Elle s'est enfuie à Londres après être tombée enceinte du curé. Banal, le pitch de la recherche en maternité réussit à ne pas tomber dans la guimauve écoeurante. Le classicisme du sujet est rédimé par le ton décalé de Kitten, sobrement incarné par Cillian Murphy, qui a troqué ses nippes d'épouvantail (Batman Begins) contre des mises en plis blondes. On n'a pas affaire à un exubérant travelo à la Tootsie. Kitten, c'est juste un jeune gars en mal de reconnaissance d'identité, et aussi en mal d'amour. Il cherche l'homme idéal. De la rue au trotto




