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Libération
Critique

Sa vie sans elle

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La Catalane Isabel Coixet évoque la guerre de l'ex-Yougoslavie.

Publié le 19/04/2006 à 20h58

Le précédent film d'Isabel Coixet s'intitulait Ma vie sans moi. Le ton généreux et sans pathos de ce mélo insolite donnait envie d'y repiquer et devrait inciter pas mal de ses spectateurs à ne pas laisser The Secret Life of Words sortir sans eux. Ce nouvel opus dispose d'un appât supplémentaire : la présence de Tim Robbins. Enlaçant Sarah Polley (interprète de prédilection de la réalisatrice), il semble, sur l'affiche, marquer la «sta-risation» de la carrière de Coixet. Mais l'enjeu, ici, réside moins dans une quelconque affiliation hollywoodienne que dans le souci de marier la fiction et l'histoire contemporaine avec un grand H.

Un programme délicat, qu'Isabel Coixet amène sans avoir l'air d'y toucher. Dans son cinéma, qui déjoue les clichés, les plans s'enchaînent avec une simplicité imprévisible, sans qu'on arrive à saisir si l'on embarque pour un thriller, une comédie ou un drame.

La sourde, le brûlé. Ma vie sans moi racontait les derniers jours d'une jeune mère de famille condamnée par un cancer. The Secret Life of Words évoque une résurrection, mais aurait presque pu garder le même titre. Le film démarre dans une usine, sur les pas d'Hanna (Sarah Polley). Une ouvrière sourde, enfoncée dans son infirmité et absente aux autres comme à elle-même. Forcée de prendre des vacances, elle emploie ces loisirs non désirés à un job de hasard : donner des soins,sur une plate-forme pétrolière, à un employé brûlé et aveuglé dans un accident du travail.

L'effroi, avec Coixet, n'est pas o

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