New York de notre correspondant
Eglise Saint-Michael de Brooklyn, peu avant minuit. L'un des plus brillants cinéastes indé américains sort enfin de l'ombre, après cinq années de mise au secret. James Gray, 37 ans, tourne jusqu'à l'aube une scène cruciale de son nouveau film, We Own the Night («La nuit est à nous»). En douze ans, il en est seulement à son troisième opus. Ses deux premiers, Little Odessa (1994) et The Yards (2000) ont été loués par la critique et ont connu de belles carrières, notamment en France, où son fan-club s'impatientait. «Les gens me demandent souvent pourquoi je mets cinq ou six ans à faire mes films, raconte-t-il. Ce n'est pas un choix. Si ça ne tenait qu'à moi, je les ferais en deux ans.» Ce serait sans compter les studios qui tergiversent et le réalisateur qui négocie avec eux chaque détail de ses projets.
«Le sens du grain». Se dégage du tournage une ambiance de bonne humeur et de grande concentration. We Own the Night renoue avec le milieu de l'immigration russe new-yorkaise, déjà présent dans Little Odessa (1994). Joaquin Phoenix et Mark Wahlberg, les têtes d'affiche de The Yards (2000), interprètent deux frères. Le premier dirige une boîte de nuit, le second est policier et fait équipe avec le père, joué par Robert Duvall. Tous deux cherchent à arrêter un trafiquant de drogue qui opère dans la boîte du fils. Lors d'une soirée, les deux policiers entraînent ce dernier dans l'église, près de l'autel. Un long dialogue prend place, une sorte de confr




