Mouret est une étrangeté dans le paysage du jeune cinéma français. On pourrait croire qu'il est désespérant, là où souvent il ne recherche que la simplicité, la légèreté. Il a vu les Rohmer, il a le goût comme lui des jeunes filles qui marchent dans les rues de Paris ou que l'on peut surprendre prenant le soleil en terrasse des cafés dans le midi de la France, et il passe sans doute plus de temps à réfléchir à son casting qu'à essayer de trouver des formes innovantes de mise en scène. Pour autant, il est difficile de s'énerver contre son cinéma. Tout simplement parce que, à l'heure où le moindre apprenti réalisateur se lance dans des discours invraisemblablement prétentieux avant même d'avoir tourné une image, Mouret, sorte d'enfant caché d'Antoine Doinel et de Fernandel, accepte de jouer les cons, les amoureux transis, les dragueurs maladroits. Il joue dans ses films (pas toujours, mais là oui), sans s'offrir le beau rôle. Le beau rôle, il est pour les filles, systématiquement.
Elles sont souvent deux, dans Promène-toi donc tout nu ! (son moyen métrage de 1999) et dans Vénus et Fleur (son meilleur film, qui avait bien marché à l'été 2004), et on peut supposer que, si Laissons Lucie faire, son premier long en 2000, était raté, c'est sans doute parce qu'il se trouvait déséquilibré : il n'y avait qu'une héroïne principale. Or Mouret est du genre à balancer. Il lui faut donner la part belle à la brune et aussitôt à la blonde. Pour la blonde, il est allé chercher cette fois la Bl




