D'une façon en apparence énigmatique, The Passenger s'ouvre sur des images de courses de chiens. Qu'est-ce qui les fait courir ? Quelle vie mordent-ils ? La réponse n'est a prioripas dans le film. Sinon à prendre les chiens pour métaphore d'une course, esthétique et violente. Le premier film de François Rotger croit que les rapports humains sont d'une animalité totale. Les caresses se confondent aux morsures. The Passenger est un film où les instants de grâce ont des allures inquiétantes de parenthèses silencieuses. A peine sont-ils advenus qu'une forme froide de violence vient les menacer.
Beaux. Un jeune chien fou, Kohji, Japonais d'une beauté insolente, fait l'amour avec une lycéenne, elle-même silencieusement troublante. Les deux amants se connaissent intimement, au point de se chuchoter l'un à l'autre une seconde avant de s'étreindre la question même qui relie leur grâce à l'anxiété : «As-tu toujours peur de ton père ?» Ce ne sont déjà plus des amants, mais des enfants, c'est-à-dire des futurs meurtriers.
Le père de la fille travaille pour les yakusas, celui du garçon est yakusa. Le premier a fait une connerie (détournement de fonds) pour laquelle elle devra peut-être payer à sa place ; le second est un homme si terrorisant que, pour pouvoir s'émanciper, Kohji sait qu'à terme il lui faudra aller jusqu'au Canada pour exécuter à sa place un homme, comme on remplit une dette.
Pères. La logique est la même : les enfants essuient les dettes des pères (il n'




