Un étudiant binocleux débarque parmi une bande de punks camés jusqu'aux yeux. Le ton de la conversation monte vite, les gars refusant de coopérer : et puis, pif pam poum, le garçon pose ses verres et aligne de gnons la bande de déchets humains. A la vitesse d'un jeu vidéo. La caméra, calme jusqu'alors, se met à tourner plus vite. Un cartoon vient de s'inviter au milieu d'un film de campus. Et au fur et à mesure que Brendan essayera de remonter la piste des dealers qui arrosent la fac et qu'il tient pour responsables de la disparition de son ex petite amie, Brick (pour le brick de dope pure que tout le monde se dispute) se changera également en un polar cérébral à la Dashiell Hammett ou en grand n'importe quoi amusant.
En parfait avaleur de couleuvres professionnel, le cinéma américain arrive, encore, toujours, à nous faire croire que ses ressources en matière de jeunes talents sont inépuisables, qu'il lui reste en magasin tout un tas de surdoués tombés de la cuisse de Jupiter. Sur l'étal du marché ce matin, le dénommé Rian Johnson, qui dit avoir fini l'université il y a sept ans. Un bail durant lequel il a dispensé une énergie considérable pour trouver la thune lui permettant de réaliser son premier film. Cet argent lui ayant perpétuellement filé entre les doigts ou fait défaut, Brick a été financé par des fonds familiaux, parents et cousins se saignant aux quatre veines pour que le futur Orson Welles puisse éclore dans le grand monde. Le tournage a duré vingt j




