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Critique

A Deauville, le docu fait de la résistance

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Al Gore sur l'écologie, Longley sur l'Irak... C'est l'Amérique anti-Bush qui s'est exprimée ce week-end.

Publié le 06/09/2006 à 23h11

Deauville envoyé spécial

On vit des moments passionnants. En 2006, le cinéma américain est schizophrène et Deauville, qui lui sert de chambre d'échos, d'hésiter entre deux scénarios : jouer le jeu d'une grande parade américaine unitaire ou (sur l'exemple de Sundance) passer le micro cravate à quiconque se sentirait à l'étroit en terre Bush. Le festival n'a pas hésité longtemps. Derrière le très patriotique (et assez peu spectaculaire) World Trade Center d'Oliver Stone, ce fut toute une gamme de voix qui firent entendre leurs dissonances lors d'un premier week-end, désormais dévolu à la case «Documentaires de l'oncle Sam».

«Asile politique». Des piques bien senties, il y en aura eu de très colère : «Ce film est le portrait d'une autre Amérique, qui étouffe, est choquée par ce qui se passe au Moyen-Orient et attend impatiemment un autre président.» (Jonathan Demme). Des très exagérés : «C'est ma première visite en France, où je songe à demander l'asile politique» (James Longley, qui a quand même vendu son doc Iraq in Fragments à la chaîne HBO). Et une à la fois plus drôle mais plus amère : «Mon nom est Al Gore et j'étais supposé être le prochain président des Etats-Unis.» L'ancien vice-président démocrate (sous Clinton) n'a visiblement qu'un gimmick puisque cette même phrase fait aussi l'entame de son documentaire à la limite du cours magistral, Une vérité qui dérange. La première fois, le gimmick amuse, la seconde, il fascine : ce type

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