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Critique

«Dunia», la rage au Caire

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Publié le 06/09/2006 à 23h11

Dunia devait sortir au tout début du mois de juillet. Le hasard d'une sortie repoussée de deux mois, comme cela arrive trop souvent pour un film plus fragile que les autres, lui donne aujourd'hui un écho tout à fait différent. Entre-temps, le Liban, dont est originaire la cinéaste et documentariste Jocelyne Saab, a connu une nouvelle guerre (et Dunia sortira demain à Beyrouth) et Le Caire, où le film est entièrement tourné, pleure Naghib Mafouz.

C'est d'ailleurs à l'écrivain égyptien que l'on pense avec ce personnage pivot dans la vie de Dunia : un professeur quinquagénaire encore très séduisant, éditorialiste engagé et exégète des Mille et Une Nuits interdites par les oulémas wahhabites, attaqué dans la rue et frappé de cécité. Lui, l'aveugle, a besoin des mots pour retrouver le goût de l'amour. Dunia (Hanna Turk, révélation des derniers Chahine), qui n'a que 23 ans, a besoin de la poésie amoureuse arabe et de la danse soufie pour comprendre pourquoi une femme arabe se débat contradictoirement entre sa peur de l'amour et l'atmosphère en permanence sensuelle qui se dégage de la rue arabe.

C'est une fille qui danse avec sa peur, qui lit avec sa peur, et qui pose la question, qui fait peur, de la femme arabe. Elle est là comme un point d'interrogation. Le Caire la dit dérangée, puisque ses questions dérangent. Le film, comme souvent chez Jocelyne Saab, est un brin trop didactique, jusque dans le détail (Dunia est systématiquement vêtue de rouge). Mais

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