Comme son titre l'indique, Avida ne veut rien dire. Dans la forme, ce n'est jamais que le prénom de quelqu'un, incongru. Dans les faits, c'est un film sans scénario mais pas sans amis, ce qui laisse pour impression d'avoir passé du temps à ne trop savoir quoi faire mais avec des gens qui sont dans le même délire. La présence conjuguée de l'assiette de charcuterie humaine Claude Chabrol et du pétard incarné Jean Pierre Galland donne un aperçu du délire. Le reste est aviné (Vuillemin est passé boire un coup de pif sur le plateau), on aura même reconnu un dessinateur de génie, grand amateur de cachets qui transforment vos yeux en maxi 45 tours, font suer et aimer votre prochain à la fois (Luz). Faut avoir la santé : ce qui n'a pas été gaspillé bêtement en atelier de réécriture et en script doctor a été investi en aides prohibées de toutes sortes.
Personne n'aurait donné le moindre sous à ces mecs s'ils n'étaient pas grolandais (mais bon, comme ce petit pays frontalier nous sauve de la honte cathodique, ne comptez pas sur nous pour dénoncer). Quant à eux, s'ils étaient une seconde dotés de bons sens, ils auraient profité de cet argent pour faire une comédie grand public, pas un truc qui rêverait de s'approcher de Kaurismäki. Ils ont bu une moitié et laissé le reste à leur imagination ; c'est tout à leur honneur. C'est, déballé, l'héritage Hara-Kiri mais en moins cul (voire étonnamment prude pour un film qui empeste la virée entre hommes), croisé de surréalism




