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Interview

«Si ton passé de membre de gang peut faire de toi une star...»

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Publié le 27/09/2006 à 23h26

Perry Crouch, éducateur et consultant pour la ville de Los Angeles, tente de maintenir une trêve fragile entre les gangs de son quartier à Watts. Il donne son sentiment sur cette nouvelle voie de sortie pour les gangmembers de son quartier.

Que pensez-vous de l'emploi de plus en plus fréquent de membres de gangs sur les tournages ?

S'ils sont employés parce qu'on a besoin de leur expérience, et qu'on les place dans une position où ils peuvent être des modèles pour les plus jeunes, je trouve ça bien. En revanche, si on a juste besoin d'eux pour leur look et pour qu'ils fassent les signes de leurs gangs devant la caméra, si les engager est un moyen pour Hollywood d'acheter notre communauté pour pouvoir faire son business tranquille, je ne peux pas le cautionner. Pour moi, l'important, c'est qu'on transforme d'anciens membres de gangs en citoyens productifs. En revanche, utiliser les membres de gangs pour maintenir les gangs dans leur état, fabriquer d'autres gangmembers pour qu'ils deviennent à leur tour les produits de l'industrie pénitentiaire, c'est juste immoral. J'aimerais bien voir des films qui racontent comment certains sont devenus des pères, des contribuables, des électeurs, des personnes responsables. Mais c'est un voeu pieu car, en Amérique, la violence fait recette. Même les hommes politiques font leur campagne sur leur capacité à se montrer dur contre le crime.

Quelle est la difficulté pour vous à combattre l'image donnée par le cinéma ?

Le cinéma a tou

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