Beyrouth envoyé spécial
A quoi rêvent 500 Libanais amassés dans une grande salle du cinéma, s'asseyant où ils le peuvent, parfois même entre les rangées ? Ils sont venus voir une belle poignée de films courts réalisés à partir du 12 juillet, date à laquelle Israël et le Hezbollah libanais sont entrés dans une guerre qui, en trente-quatre jours, a fait, du côté libanais, 2 000 morts et 1 million de déplacés, détruit ponts et infrastructures, laissé des villages du sud et certains quartiers chiites de Beyrouth écrabouillés à près de 80 %. Ces spectateurs attendent d'une image, d'un plan, qu'ils leur donnent la force de sortir de cet état de confusion, allant de la surexcitation à la catatonie, qui perdure en eux depuis maintenant trois mois. Une image qui pourrait témoigner de ce qu'ils ont subi, qu'ils aient été directement visés ou (plus majoritairement) qu'ils aient connu ce sentiment très insécurisant d'être plongé de force dans une guerre dont ils ont été tout à la fois les spectateurs, les acteurs, les témoins et les otages. Ils ont souvent entre 20 et 40 ans, il y a parmi eux beaucoup de chrétiens, mais aussi des druzes, des sunnites et chiites des classes élevées. Leur identité libanaise compte plus ce soir que le milieu social ou religieux dans lequel ils ont grandi. Ils n'accusent personne. Ils voudraient juste qu'on les aide à comprendre, intimement, ce qui a pu se passer.
Ecran noir. En quelques jours, cette scène de communion inquiète a eu lieu plusieurs fois dans l




