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Libération
Critique

«Octobre», première classe

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Pierre Léon filme une amitié naissante lors d'un Paris-Moscou.

Publié le 25/10/2006 à 23h48

Sale temps pour les allergiques au cinéma exigeant : un Akerman et un Pierre Léon la même semaine, les Straub mercredi passé... Ces films, fauchés comme les blés, ne sortent que dans une ou deux salles mais dérangent ceux qui ont le style en horreur. Il y a cent ans, Rémi de Gourmont balançait à ceux-là une sentence définitive : «Il y a deux littératures, et vous faites partie de l'autre.»

«L'Idiot». Un soir d'octobre, trois inconnus montent dans le même wagon Paris-Moscou. Ils ne se connaissent pas. Le premier est musicien, il s'appelle Benoît Barnum. Il a Mozart pour dieu et la Russie pour patrie d'élection. Charles, qui se rend à Moscou pour le compte d'une grande entreprise pétrolière, essaye d'apprendre le russe depuis dix ans pour pouvoir lire Dostoïevski dans le texte. Cet apprentissage est un échec, il part donc avec une traduction de l'Idiot en deux tomes. A l'écart, moins dans le cadre, Jérôme, plus taiseux, mal à l'aise avec le plaisir de la conversation, mais dont le hasard a voulu qu'il ait lui aussi emporté l'Idiot dans ses bagages, une édition en un volume, plus compacte. Il a hâte d'arriver à Moscou. Les autres moins, peut-être parce qu'à la différence de Jérôme ils connaissent déjà la ville et saisissent plutôt dans ce trajet Paris-Moscou la chance du commencement d'une amitié.

L'un des trois repartira pour Paris plus vite que prévu, le second s'épanouira dans la ville, en devenant même presque son agent secret. Un seul n'arrivera pas à pr

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