A l'occasion de la sortie de quatre de ses «classiques» en DVD, rencontre à Paris avec Barbet Schroeder, alors qu'il termine un documentaire très attendu sur l'avocat Jacques Vergès.
Vous avez alterné fictions et documentaires...
Mes films naissent tous de la réalité. Sauf, bizarrement, Idi Amin Dada, qui était une commande. Mais j'étais fasciné par le personnage, je collectionnais les coupures de presse sur lui. Une fois en Ouganda, j'ai pris toute la presse depuis qu'il était au pouvoir, et, toutes les nuits, je ne dormais pas, je lisais, je notais, et le lendemain je lui faisais répéter ce que j'avais découvert dans les articles. Mes autres films sont nés de rencontres avec des personnes, une dominatrice, un joueur professionnel. Pour Koko, j'avais entendu parler d'un gorille malade à qui une scientifique essayait d'apprendre le langage des sourds-muets. J'avais envie de faire un film de fiction. Mais on voulait voir d'abord comment Koko réagissait à la caméra. A l'oreille, elle devinait quand la caméra tournait et immédiatement commençait à «performer». La fiction ne s'est pas faite, mais un documentaire est né.
La Vallée, en 1971, a irrigué votre veine documentaire, exploratrice...
La Vallée était trop contemplatif. C'est une piste qui ne me correspondait pas, sous influence mal digérée, mal comprise, de Rossellini. Or il n'y a rien de plus dramatiquement construit que Rossellini. Même si ça donne l'impre




