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Libération
Critique

«La Faute» à 68

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La fille de Costa-Gavras s'inspire des engagements de ses parents.

Publié le 29/11/2006 à 0h16

Julie Gavras (fille de Costa), s'était fait remarquer en 2002, avec le Corsaire, le Magicien, le Voleur et les Enfants, le suivi au long cours du travail d'une classe de CM1 sur le cinéma devenu un classique du documentaire sur (et à) l'école. Pour son premier long métrage de fiction, la jeune réalisatrice n'a pas quitté le monde de l'enfance avec l'adaptation très libre d'un roman de l'Italienne Domitilla Calamai (1), la Faute à Fidel !, qui devrait raviver une foule de souvenirs pas forcément nostalgiques chez les trentenaires d'aujourd'hui élevés dans une famille imprégnée des idéaux de Mai 68.

Défilé. Parce que ses géniteurs plutôt aisés (maman issue de la grande bourgeoisie bordelaise, papa de l'aristocratie militaire espagnole) ont décidé, un beau matin, de changer le monde (elle en écrivant un livre de témoignages militants sur les femmes qui ont avorté, lui en conseillant le gouvernement du socialiste chilien Salvador Allende), la petite Anna doit quitter sa belle maison avec jardin et bonne à demeure pour un appartement étriqué sous les toits envahi de barbus pouilleux qui chantent El Ejército del Ebro. On en connaît qui, vingt ans après, ont voté Madelin pour moins que ça...

Pendant plus d'une heure et demie, le film ne modifiera pas d'un degré son point de vue initial : celui d'une petite fille de 9 ans qui voit son univers et ses certitudes s'écrouler. La séquence de la manif antifranquiste (où Anna a été emmenée par ses parents décidément irre

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