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Critique

C'est pas n'importe Kim

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En exhumant les films du Coréen radical Kim Ki-young, la Cinémathèque française redécouvre un grand cinéaste des tabous et des fantasmes.

Publié le 06/12/2006 à 0h23

Ses admirateurs l'appelaient Mister Monster. Un surnom affectueux qui désigne tout autant la place hors norme de Kim Ki-young dans le cinéma coréen que les excès d'une oeuvre phénomène aussi perturbante que jouissive, où le dérèglement des désirs et le grotesque ont force de loi. Après avoir présenté quatre titres dans le cadre de son cycle «cinquante ans de cinéma coréen» (Libération du 19 janvier 2005), la Cinémathèque française propose jusqu'à Noël la plus vaste rétrospective jamais consacrée à Kim Ki-young avec 18 de ses 32 films. Un petit miracle quand on sait que neuf de ses longs métrages sont considérés comme perdus, et qui incitera les spectateurs de la Cinémathèque à se montrer indulgents sur la qualité parfois limite des copies projetées...

Né à Séoul en 1922, Kim Ki-young passe le début des années 40 au Japon, où il se forge une intense culture cinéphilique. De retour au pays en 1945, il s'inscrit à l'université de médecine dentaire, et monte en parallèle des pièces de théâtre. Pendant la guerre de Corée, il participe à des reportages d'actualité dans le service d'information de l'armée américaine. C'est là qu'il empruntera la pellicule et le matériel nécessaire au tournage de son premier film, la Boîte de la mort (1955), sur les orphelins de guerre, très influencé par le néoréalisme. De cette époque, la Cinémathèque n'a retrouvé que la Province de Yang-san (1955), drame en costumes très inégal mais qui révèle déjà quelques obsessions majeures

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