La présentation en compétition à Cannes des Climats a totalement dérouté critiques et festivaliers, peu habitués à être assis face à un film subjuguant du point de vue plastique, ouvrage d'un grand contemplatif touché par une grâce immédiate dès qu'il s'agit de filmer une étendue neigeuse ou une mer accablée de soleil, mais qui, question discours, se montrait totalement rétif à l'idée de plaire. La force de Climats repose sur l'antipathie comme moteur de tout. Ce n'est pas la première fois qu'un film fait son possible pour ne pas être aimable, ce n'est pas non plus la première fois qu'un cinéaste se choisit pour personnage principal un mec odieux (remember le Pialat de Nous ne vieillirons pas ensemble, ou le Desplechin de Rois et reine). Ce qui embarrasse et passionne tout à la fois dans les Climats, c'est que le réalisateur, l'acteur et le personnage ne faisaient qu'un : en endossant lui-même le rôle principal, celui d'un misogyne total, et en donnant à sa femme, Ebru, le rôle de la fille qui morfle, Ceylan outrepassait les limites de la fiction critique et du document privé. Il peut appeler ça «fiction», inventer des prénoms (Isa pour l'homme, Bahar pour la femme), un autre métier (maître de conf pour lui, tandis qu'elle bosse sur des prod télé), le choix stratégique de faire jouer à son propre couple le théâtre incessant du délitement conjugal laisse à ciel ouvert les interprétations. Ce coup de force ne va finalement pas s
Critique
Macro «Climats»
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Sur des images d'une grâce inouïe, le Turc Nuri Bilge Ceylan raconte un couple en pleine rupture et signe une façon d'autoportrait en salaud.
Publié le 17/01/2007 à 5h29
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