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Libération
Critique

«Truands» mal calibré

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Schoendoerffer décrit le grand banditisme avec outrance et sans convaincre.

Publié le 17/01/2007 à 5h29

Après les flics et les espions, voici le temps des truands. Fasciné par les individus à la frontière de la légalité, Frédéric Schoendoerffer plonge cette fois-ci du côté obscur du grand banditisme. La méthode du réalisateur d'Agents secrets n'a pas changé, qui consiste en une description quasi documentaire de personnages saisis dans leur activité professionnelle, mais avec une mise en scène aussi spectaculaire que stylisée ­ les génériques de début et de fin, les deux séquences les plus réussies du film, ne dépareraient pas dans le Révélations de Michael Mann.

Violence barbare. Schoendoerffer connaît ses classiques, à commencer par Jean-Pierre Melville, LA référence française du film de gangsters. Le tueur à gages solitaire, interprété par Benoît Magimel, est le fils spirituel d'Alain Delon dans le Samouraï (innovation postmoderne : il préfère les poissons aux canaris). Evolution de la société et influence du cinéma américain des années 70 aidant, la fraternité virile et le code d'honneur du «milieu» chers à l'auteur du Deuxième Souffle ont laissé la place à un individualisme forcené et à une violence barbare qui s'expriment désormais sans retenue. Démolition des genoux à la perceuse, sodomie au baton, crânes explosés au 9 mm tous les quarts d'heure, Frédéric Schoendoerffer a mis les petits plats dans les grands avec, affirme-t-il, le souci de filmer «une violence laide». Dans les faits, on est exposé à une complaisance à la fois ridicule (c

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