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Critique

«Pingpong», et paf

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Matthias Luthardt signe un jeu de massacre familial jouissif : encore un film allemand en pétard.

Publié le 24/01/2007 à 5h37

Qu'est-ce qui fait la force soudaine des jeunes cinéastes allemands ? Ils ne sont pas plus (et en tout cas pas moins) doués que les autres, question mise en scène, mais la différence ne se joue pas (encore) là. Ce qui les caractérise, c'est la colère avec laquelle ils envisagent l'Allemagne, l'exemple allemand, cette bonne santé affichée, cette rectitude qu'ils giflent films après films. Pingpong, à ce jeu-là, a un revers d'avance. De l'extérieur, c'est un conflit plus ou moins générationnel entre plusieurs membres d'une même famille pendant un été caniculaire à la campagne. Quand on rentre à l'intérieur de la villa toute vitrée, ça ressemble à la maison Allemagne : c'est clean, clinique, sain, il y a des règles à respecter, on discourt beaucoup sur une certaine transparence morale mais le fond des choses est enfoui sous l'hypocrisie sociale. Une vie sous cloche, étouffante, prête à imploser.

Tournante. Pour cela, faites surgir un adolescent, appelez-le Paul, invitez-le sans prévenir chez son oncle, laissez affleurer quelques petits détails qui font tiquer : père récemment suicidé, famille absente aux obsèques, mère dans le pétrin, laissée sans une thune. Mais Paul, archangélique et stigmatisé, est un adolescent face à un problème : la trouille sociale d'une famille désormais installée, tétanisée à l'idée que quelque chose puisse perturber l'architecture de leur réussite.

La famille «on a tout réussi» est pourtant carabinée : le chien s'appelle Schumann, le fils

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