Silentium !, avec une croix à la place du T comme dans Amen, porte bien son nom claustral. C'est un thriller vieille-Europe, qui associe dans une même exécration, clergé dépravé (pléonasme), opéra eunuque (redondance) et Autriche nazie (tautologie). Le script, digne de Thomas Bernhardt tant il pousse l'aversion jouissive de ses trois fixations conjurées, charge à fond l'hypocrisie vénale, la perfidie libidineuse et l'arrogance criminelle du triumvirat d'engeances instituées.
Une scène édifiante présente ainsi le Caruso de saison se faisant uriner dans la bouche (pour se fleurir ondiniquement la luette) par une vierge asiate menottée, qu'il viole ensuite pour faire le compte, sous la bénédiction des autorités épiscopales tenant la chandelle, avant d'honorer l'opéra de Salzbourg et sa bonne société de ses glossolalies lustrées.
Quatre meurtres à la clé, l'action suit la trajectoire hagarde du héros Simon Brenner, «détective» clodo de Lindz. Cet ex-flic se trouve enquêter dans la cité de Wagner (que Hitler, phobique du bruit, cultivait) sur le suicide d'un jeune notable. Lequel était en train de révéler son viol enfant par le nonce local. Silentium...
A sa commanditaire, veuve du suicidé malgré lui et fille du directeur visqueux de l'opéra, qui lui confie troublée : «Je me demande comment vous fonctionnez ?», notre homme peut répondre simplement : «Je ne fonctionne pas du tout.»
De fait, bourré de cachets antimigraineux, qu'il gobe sans eau ni com




