Quelques jours avant la cérémonie des oscars, le réalisateur des Dreamgirls, Bill Condon, et le producteur ont dû publier une page dans plusieurs revues pour s'excuser auprès de Berry Gordy Jr, fondateur et patron de la Motown, label prestigieux de la musique noire américaine, mythe fondateur de l'émancipation des Afro-américains aux Etats-Unis, modèle de réussite pour des personnalités telles qu'Oprah Winfrey. Depuis la sortie du film outre-Atlantique puis l'annonce des huit nominations aux oscars, Berry Gordy Jr rongeait son frein et ses avocats se perdaient en palabres pour choisir les recours judiciaires. En effet, en déplaçant l'action de la comédie musicale Dreamgirls de Chicago à Detroit, ville qui a vu naître la Tamla Records Company, le premier nom de la Tamla Motown en 1959, en mixant dans les multiples personnages du film les personnalités de plusieurs artistes et figures du label, en faisant des renvois visuels constants aux pochettes de disques, le réalisateur a entretenu la confusion entre la fiction et la réalité. Le portrait peu flatteur du patron du label Rainbow Records, Curtis Taylor Jr (qui garde le «junior» de Berry), et celui de l'idiote et frêle Deena Jones (identifiable à Diana Ross) donnent au patron de la Motown des envies de plaintes pour diffamation. Smokey Robinson, auteur du premier succès du label, en 1960, avec Shop Around et celui qui a incité le jeune ouvrier Berry Gordy Jr à monter son propre label, réclame des excuses
Le label Motown remixé
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Entre fiction et réalité, le film réinvente l'histoire de la maison de disques mythique.
Publié le 28/02/2007 à 6h21
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