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Critique

Glandes de bouc & têtes d'eMule

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Publié le 02/05/2007 à 7h31

On peut préférer l'idée de Guy Maddin à son cinéma ­ l'artiste en autarcie, l'agité de Winnipeg, etc. ­, mais nul doute que l'homme gagne à être connu. Il donnait, début mars en Californie, une conférence devant des étudiants des Beaux-Arts la semaine même où les UCLA Film Archives lui offraient une carte blanche au Billy Wilder Theater de Los Angeles. Maddin est un plaisant loustic, grand vieux jeune homme déplumé, mais curieusement élégant, un genre Harry Langdon sapé par Kenneth Cole.

La conférence était mystérieusement intitulée «Goat Glands, Carpet Underlay and Cinema Sat Backwards» (que l'on pourrait traduire littéralement par «Glandes de boucs, dessous de tapis et cinéma assis à l'envers»). Il a dû se dépatouiller de ces notions, le genre de trucs qu'on faxe à une institution quand on a l'aubaine d'être invité à faire son panier (virtuellement, le catalogue est online) dans la caverne d'Ali Baba des Archives ­ chance que beaucoup lui envieraient. Le «dessous de tapis» a conservé son mystère ; quant au «cinéma assis à l'envers», il peut servir de définition à l'oeuvre curieuse de Maddin. Il a au moins été disert sur les «glandes de bouc».

Incendie. «Durant la folie des années 20, divers traitements étaient en vogue, proposés par des charlatans qui vous greffaient des testicules de singes ou de boucs à des endroits divers de l'anatomie masculine. Ces opérations étaient bidons, les appendices étaient attachés où ils pouvaient faire le moins de dommages. Mais les

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