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Critique

«4 mois, 3 semaines et 2 jours» fait date

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Cannes 60e festival Sélection officielle. Le Roumain Cristian Mungiu signe un troisième film à flux tendu, porté par une jeune femme en résistance dans le Bucarest de Ceausescu.

Publié le 18/05/2007 à 7h49

Ainsi les Dardenne ont un fils, et il serait roumain. Il se nomme Cristian Mungiu, il est né en 1968 et, au faire-part, nous ajouterons que ce rejeton naturel des frères liégeois a déjà deux autres longs métrages à son actif, Occident (2002) et Lost & Found (2005). Deux films que l'on serait curieux de voir pour comprendre ce qui nous est tombé sur la tête en découvrant 4 mois, 3 semaines et 2 jours, sorte de bloc de force à flux tendu. 1 h 53 dans Bucarest en 1987 : Roumanie, année moins deux.

A bout de souffle. Otilia est une étudiante de 23 ans. Une étudiante à bout de souffle, toujours surprise en perpétuel déplacement (Dardenne on vous dit). Pourtant Otilia est le contraire d'une fille en fuite. Son pragmatisme est même exemplaire. Mais elle avance vers nous comme un corps absolument étranger à nos modes de fonctionnements (nous qui n'avons pas connu le communisme et la dictature) : tout ce qu'elle fait, ce n'est quasiment pas pour elle, mais presque systématiquement pour les autres : un peu en mission. Dans ses gesticulations accablées, elle n'est pas pour autant une mère Teresa bucarestoise (même si le film démontrera la concernant un sens du sacrifice illimité sinon suicidaire). Non, son action est une forme de résistance à la Roumanie 87 (dans son effondrement totalitaire), une façon de marcher tout le temps et, à force, d'échapper à la surveillance généralisée qui sévissait sous les Ceaucescu. Et surtout c'est la seule

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