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Docus : le liant Durham

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La dixième édition de ce festival quasi unique aux Etats-Unis a réuni une centaine de films.

Publié le 30/05/2007 à 8h01

Durham existe-t-il ? Sur la carte de Caroline du Nord, c'est une des pointes du «triangle» du tabac et des universités, avec Raleigh et Chapel Hill. Dans l'histoire, c'est le berceau de The Bright Leaf, patrie de Lucky Strike, Palm Mall, Marlboro et bien sûr Bull Durham, le tabac à rouler des durs à cuire. Raleigh a aussi produit des musiciens (Whiskeytown, Ryan Adams, etc.), mais on ne le dirait pas, à bourlinguer désespérément en quête d'humanité par les routes verdoyantes et les quartiers incroyablement boisés de l'agglomération la moins dense et la moins visible d'Amérique. Où sont les gens ? Où sont les centres commerciaux ? Même les campus échappent aux schémas inéluctables. Downtown Durham est un vaste chantier, pas plus peuplé, mais dans les affres du renouveau urbain.

Aïeules mobiles. Durham existe au moins sur le calendrier des festivals ; c'est le rendez-vous principal, sinon unique, d'un genre jadis parent pauvre et aujourd'hui conquérant : le documentaire. Il y a dix ans, une collaboratrice de Scorsese à New York, Nancy Buirski, se demandait où elle allait planter la tente de ce festival qui existait partout dans le monde, sauf aux Etats-Unis, principal producteur et consommateur de docus. Durham avait l'avantage d'être proche du Center for Documentary Studies, un centre de formation et d'archives abrité par la Duke University. Sans parler d'un beau complexe de salles implantées autour du vénérable Carolina Theater et de diverses organisations qu'on pouva

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