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Libération

«Syndromes» censuré en Thaïlande

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Weerasethakul ayant refusé d'opérer des coupes, le film a été privé de sortie.

Publié le 13/06/2007 à 8h17

En avril, le bureau de censure du gouvernement thaïlandais privait Syndromes and a Century de toute sortie commerciale et entendait bloquer le négatif du film si son auteur refusait d'y opérer des coupes. Les griefs seraient au nombre de quatre : un médecin et une jeune fille s'embrassant, des médecins buvant de l'alcool, un moine jouant de la guitare et un autre au yo-yo ! Alors qu'une pétition internationale se mettait rapidement en place, Apichatpong Weerasethakul répondait par une déclaration écrite : «Si mes créations ne peuvent pas vivre dans leur propre pays, pour quelque raison que ce soit, alors qu'elles restent libres. Puisqu'il existe d'autres endroits qui les accueillent généreusement pour ce qu'elles sont, il n'y a pas de raison de les mutiler par peur du système, ou par cupidité.»

Cet épisode répète une fois de trop une situation de plus en plus dure et paradoxale : celle des cinéastes de pays soumis à la censure politique ou religieuse (l'Iran et la Chine en tête) : ils sont, à travers les grands festivals internationaux, les porte-parole d'une cinématographie tout entière, mais leurs films n'ont aucune existence possible à l'intérieur de leurs propres frontières. Syndromes and a Century est à l'exacte mesure de sa position schizophrène : produit dans le cadre du vaste projet New Crowned Hope monté par la ville de Vienne pour le 250e anniversaire de Mozart, il a été selectionné à Venise, Thessalonique, Deauville (où il a reçu le Grand Prix)

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