C'est une histoire d'eaux, une histoire d'hommes. D'hommes submergés par leurs émotions, leurs pulsions, leurs peurs, leurs désirs, leur immense tristesse, leurs bonheurs fugaces : les paysages aquatiques du delta du Paraná, un but dans un match de foot, un livre relié, une journée de rude besogne achevée. La León raconte les pulsions d'un homme pour un autre, la révulsion de l'un, l'indifférence des autres dans une communauté repliée sur elle-même, coupée du monde à cause des heures de navigation nécessaires pour atteindre la première ville du coin. Résident en France depuis une dizaine d'années, le réalisateur, Santiago Otheguy, 33 ans, a choisi son pays natal, l'Argentine, pour tourner son premier long métrage, et plus particulièrement la région du delta du Paraná, le plus grand du monde, un labyrinthe d'îlots et de cours d'eaux méandreux qui apparaissent ou disparaissent au gré des sédiments charriés par le fleuve. 3 000 habitants y vivent de la coupe du bois et des roseaux, de la pêche. Dispersés dans cette immensité, ils se déplacent en barque, ou, pour les longues distances, en «ferry» comme celui qui donne son titre au film. El León est un bateau solide conduit par El Turu, capitaine au physique de butor, petit potentat local, professant entre deux tournées sur le fleuve des propos xénophobes. C'est presque le petit maire de cette communauté d'islenos, menacée selon lui par l'arrivée des misioneros, des immigrés venus d'une région éloignée
Critique
Les fruits de la pulsion
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Dans le Paraná, une liaison obscure entre deux hommes que tout oppose.
Publié le 11/07/2007 à 8h44
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