Rencontre avec le couple de réalisateurs de Tel-Aviv Shira Geffen et Etgar Keret, à Paris, dans les locaux des Films du poisson, la maison de production française qui a coproduit les Méduses.
Quel est le point de départ du film ?
Shira Geffen : Il y a cinq ans, j'ai écrit l'histoire d'une petite fille qui va à la plage avec ses parents. Ils commencent à se disputer, la mettent dans l'eau avec une bouée, continuent de se disputer et l'oublient. Elle dérive, emportée par les vagues. Cette nouvelle part d'un souvenir d'enfance. Je ne sais pas si mes parents se disputaient, en tout cas un jour, ils m'avaient oubliée, je dérivais, je sentais les rochers sous mes pieds, je me suis sentie abandonnée. Ça n'a duré que quelques minutes, mais j'ai eu l'impression que c'était un an.
Comment avez-vous décidé de diriger le film à deux ?
Etgar Keret : Il y a trois ans, Shira et moi avions chacun une ébauche de scénario. Nous avons loué une maison sur une île grecque et décidé de travailler pendant six semaines. Le matin, on écrivait, le soir, on discutait de nos projets. Très vite, je me suis aperçu que je ne pensais plus qu'au scénario de Shira. Je me sentais très impliqué, notamment parce qu'il parle de choses liées à sa vie et à la mienne, l'histoire du jeune couple, l'histoire de Malka, qui a des similitudes avec la grand-mère de Shira, mais aussi avec ma mère. Shira a ensuite rencontré des réalisateurs israéliens. Presque tous ont eu la même réaction, ils n'arrivaient pas voir ce qu'était ce scénario : trop triste pour une comédie, t




