Qui se souvient du brillant Henry King qui fut, dans les années 30 et 40, la star de la Twentieth Century Fox ? On ne voit plus guère ses films aujourd'hui. Par bonheur, toujours prompt à dégainer des rétrospectives mémorables (qu'on se souvienne des précédentes, consacrées à Ernst Lubitsch, Michael Powell, Mikio Naruse, Gregory La Cava...) , le festival de San Sebastián (Catalogne) qui se tient jusqu'au 29 septembre, vient à notre secours. Avec un hommage à King qui fait l'effet d'une révélation.
Injuste. On sera en effet bien obligé d'admettre que ce cinéaste, né en 1896, mort quatre-vingt-six ans plus tard et qui fit des films entre 1916 et 1962, vaut infiniment mieux que la petite réputation de bon faiseur qui lui reste injustement accolée. Dans 50 ans de cinéma américain, Jean-Pierre Coursodon et Bertrand Tavernier attribuent son absence dans le cercle des grands cinéastes disparus à des derniers films souvent pâlots. Et nos bons auteurs d'ajouter que même ce jugement sur le crépuscule de King est injuste puisque Los Bravados et, à un titre moindre, Tender is the Night, adaptation du roman homonyme de Francis Scott Fitzgerald, sont tout à fait estimables.
Ils ont raison. The Bravados (1958) est un western cruel sur la vengeance qui confronte Gregory Peck, le vengeur, à Stephen Boyd, Lee Van Cleef et Henry Silva poursuivis par la haine. Peck (1916-2003) y est très bon. Comme il l'est dans la Cible humaine (The Gunfighter), l'autre




