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Libération
Critique

Le gigolo gigote encore

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Publié le 17/10/2007 à 0h49

Il y a dans Avant que j'oublie un personnage, qui est le centre de tout, dont le film rejoue la vie, et ce personnage ne s'appelle pas Jacques. Jacques Nolot lui a donné le nom de Pierre. Pierre était autrefois le prénom du héros d'un film que Nolot avait écrit pour Téchiné au début des années 90 : J'embrasse pas. Le film racontait la montée à Paris d'un jeune mec du Sud-Ouest qui se met à exercer une profession toujours pas reconnue par le ministère de la Santé : gigolo. Et Pierre est encore le prénom du personnage principal de la Chatte à deux têtes - premier long de Nolot -, qui allait les après-midi dans les cinémas porno rencontrer d'autres hommes et entre deux moments de jouissance couchait sur des carnets ses lambeaux de mémoires. La Chatte à deux têtes hésitait toujours à prendre l'air, sa nuit permanente lui conférait un air d'éternité. Nosferatu en pays porno. Avant que j'oublie, c'est le temps retrouvé. Plus exactement, ce moment où le temps, auquel vous croyez avoir échappé, vous retrouve. Le temps a retrouvé Pierre et exige de lui des comptes. Pierre a 60 ans. C'est à son tour de payer : un gigolo vient chez lui une fois la semaine. Pierre lui donne 100 €, c'est le tarif. Paul, le frère ami ou ennemi de Pierre en connaît un tout aussi bien, vigoureux et tout, pour moitié moins cher. Il faudra que Pierre y songe. Avant qu'il n'oublie, il y aura tellement de choses à noter, essentiellement des concessions à l'ordre des choses.

Gra

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