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Libération
Critique

Fellini jusqu'au bout de ses nuits

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Publié le 24/10/2007 à 1h01

C'est un livre intimidant quand on le regarde de l'extérieur, et jouissif quand on commence à le lire et à en regarder les images. C'est le Livre des rêves, Il Libro Dei Sogni, comme l'écrivit et le dessina Fellini. Son éditeur français a préféré le traduire par le Livre de mes rêves. Passons sur cette altération un peu triviale. Cela ne change pas grand-chose à ce monument plein de caricatures fortes, de dessins expressifs, même expressionnistes, réalisés avec ces techniques que Federico Fellini a assimilées quand il travaillait dans les années 40 pour la revue satirique Marc'Aurelio. Un savoir-faire qu'il n'a jamais oublié et n'a cessé de développer notant et commentant ses songes entre 1960 et 1990.

Fantasmes. On trouve en effet de tout dans ce grand grimoire mirifique. Des dessins et des pastels, des croquis à la mine de plomb et d'autres à l'encre, une caricature d'Agnelli, une autre de Picasso, des images étranges, des points d'interrogation en voie de dissolution. Et Fellini lui-même, un chapeau sur la tête. On voit d'ailleurs beaucoup le cinéaste, suffisamment pour comprendre qu'il maîtrise l'art de l'autoportrait. Comme dans cette réflexion du 21 janvier 1977 où, la paupière lourde et la mine indécise, il se demande s'il est «infelice o unfelice» ? Malheureux ou simplement pas heureux ? Il a dessiné donc et beaucoup écrit aussi. Des notes foisonnantes.«Le livre est une proposition de circumnavigation dans le

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