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Interview

Non mais c'est qui ce Gus ?

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Publié le 24/10/2007 à 1h03

Les confrères qui avaient déjà passé «l'épreuve» débordaient de politesse : «Pour ce film-là, merci, je passe mon tour.» Interviewer Gus Van Sant est cette discipline en passe d'être inscrite aux jeux paralympiques. Dans le genre, autant faire jouer l'intégrale des solos de Jimi Hendrix à un homme tronc. On dit GVS affable et pas désagréable mais mutique. On n'a rien contre : nul n'est tenu de se monter débordant de sympathie à l'égard d'un mec sous-payé posant des questions semi-improvisées dans la rame du métro qui le mène au seuil d'un palace parisien. Chacun a sa dignité, et GVS se garde sa réputation d'autiste au chaud, elle le protège. Mais bon, après tout, il est là, on est là, et une illusion de conversation est censée avoir lieu.

Cool ! Pourtant, vendredi dernier dans le lobby d'un charmant hôtel du VIe arrondissement, les baskets posées sur la table, le grand cinéaste de Portland semble relax. La veille encore, lors de l'avant-première, engoncé dans un costume cravate, on le devinait plus renfrogné, marmonnant dans la barbe qu'il n'a pas, des non-réponses à un public pourtant exalté de le voir en vrai. Amical est un mot encore trop fort, mais bon, il sourit et c'est pas tous les jours. On se lance, un peu vite peut-être : Paranoid Park, trop proche d'Elephant aux goûts de certains ? «Il y a des ressemblances. Ce sont deux films sur des adolescents, et il leur arrive de faire du skate.»Silence. Next.Paranoid Park

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